Apprendre l’histoire

Depuis longtemps, l’accent a été mis en histoire sur l’apprentissage des faits et des événements. Du primaire au collège, cette matière indispensable est enseignée de sorte à démotiver les élèves les moins autonomes en se reposant quasi exclusivement sur le travail de mémorisation. En primaire, faits et événements sont égrenés de manière arbitraire pour parler du passé et racontent finalement peu d’histoire. A mon époque, les élèves faisaient des découpages d’images achetées dans le commerce et, par groupes, écrivaient une partie de l’histoire et l’illustraient beaucoup. Ces activités de groupe semblent de moins en moins la règle, alors qu’elles devraient être la norme et utiliser abondamment Internet pour collecter et organiser des images.
L’histoire c’est d’abord raconter les destins de l’humanité, sa naissance, son développement spectaculaire jusqu’à aujourd’hui.
Ce qui manque cruellement à l’enseignement de l’histoire c’est une approche sociologique. L’humanité a été confrontée à des choix très similaires d’une époque à une autre, et c’est ce fil conducteur qui aiderait à raconter cette humanité.
Personnellement, élève médiocre, je n’ai aimé l’histoire qu’à partir du moment où, sorti du système classique, j’ai dû trouver moi-même les ressources au-delà du matériel pédagogique fourni par le CNED.
C’est en lisant des livres écrits par des historiens inspirés que je m’y suis enfin intéressé, avec des résultats surprenants au baccalauréat.
J’ai commencé à me raconter l’histoire dans l’histoire … quelle différence entre l’humanité d’aujourd’hui et celle d’hier? Quel fil conducteur autre que la simple chronologie des événements pourrait aider nos enfants à se passionner pour leur histoire?

Quoiqu’il en soit, durant le cycle 3 dit des approfondissements (qui dépendent donc naturellement de la qualité des fondamentaux enseignés pendant le CP et le CE1), les maîtres ajoutent des briques au savoir fondamental en suivant les périodes suivantes :

La préhistoire –> l’antiquité –> le Moyen-Age –> les temps modernes puis le 19ème siècle et le 20ème siècle.

Je ne suis pas un spécialiste de la pédagogie, mais il me semble que nos enfants du primaire sont si neufs dans la vie et si peu enclins à saisir le temps, que l’approche chronologique de l’histoire qui commence à la préhistoire est contre-productive. Nos enfants doivent ainsi apprendre par cœur (donc « bêtement ») ce qui s’est passé il y a des millions d’années (le million n’ aucune espèce de réalité numérique à cet âge!).
En réalité, je suis prêt à parier que nos enfants gagneraient à apprendre l’histoire à rebours, comme ils le font naturellement dans leur histoire familiale … ils apprennent ce qu’ils sont en apprenant leurs ancêtres, pas ceux qui descendraient des singes, mais des aïeuls. J’aurais préféré que l’approche historique suivre un peu l’approche généalogique et remonte progressivement le temps. De cette manière, les enfants seront capables de saisir leur passé, en tout cas leur patrimoine commun français (et maintenant européen), en même temps que leur maturité les prépare naturellement à saisir le temps. Ce n’est sans doute pas avant la fin du collège qu’on devrait enseigner la préhistoire.

Ceci étant dit, la pédagogie d’Etat, référence absolue en matière d’apprentissage, a opté pour la stricte chronologie. Ce repère chronologique sera ajouté au fil des pages pour se situer dans le temps, au moins pour les périodes qui mériteraient par ailleurs d’être expliquées au préalable « grosses mailles ».  Une manière d’organiser déjà la pensée en créant des grandes catégories ou « tiroirs » qui seront progressivement remplis. Il faut choisir des images et des événements qui viendraient illustrer très brièvement ces périodes.

 

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