Apprentissage, réflexion et mémorisation

Les théories de l’apprentissage éclairent sur la manière dont l’information est mémorisée. Les études basées sur l’imagerie ont montré les différentes régions du cerveau qui semblent responsables de certaines activités de mémorisation. Mais la compréhension est, elle, plus complexe. Il est préférable d’avoir retenu et compris l’essence d’une leçon, de ses informations principales, que d’apprendre par cœur des informations qui seront oubliées en quelques jours, voire en quelques heures. La compréhension passe par la réflexion et la manipulation des éléments d’information qu’on doit acquérir. L’objectif est de s’approprier de l’information, de créer des perspectives qui ne font pas partie des informations initialement lues ou entendues.
Penser c’est une activité passive. Les idées sont créées tout le temps par le cerveau sans pour autant que la conscience ait prise sur elles. L’emprise vient de l’intention (la volonté et la direction donnée à la pensée). Une fois qu’on a une prise sur notre pensée, on est normalement capable de réfléchir. Pour cela, la « main invisible » de notre conscience, manipule l’objet mental pour le contempler sous tous les angles. Pour réfléchir, il faut se parler à soi-même, se poser des questions, se créer des images, mettre en mouvement la pensée dans une direction.

La mémoire se divise en deux grandes catégories : la mémoire de travail (à court terme) et la mémoire long terme (elle-même subdivisée en mémoire procédurale et déclarative). La mémoire procédurale stocke les information liées au savoir-faire qui devient automatique (faire du vélo par exemple). La mémoire déclarative englobe la représentation dans l’espace et le temps, ainsi que l’aspect sémantique des objets (le sens des mots, les concepts).

La mémorisation passe par plusieurs phases : l’encodage –  la rétention – la récupération.

L’encodage c’est l’acquisition de l’information. Son efficacité dépend de deux choses : la capacité à classer, à catégoriser cette information (ce qui est une compétence qui s’acquiert progressivement); la capacité à l’auteur du support de l’information à présenter clairement les différents éléments, pour les expliquer et aider à leur mémorisation. Pour ce qui est du support, la qualité est si médiocre la plupart du temps, qu’il vaut mieux apprendre très tôt à organiser soi-même, pour soi-même, l’information qu’il faut retenir. L’encodage est un traitement sériel de l’information, qui est limité à un nombre restreint des morceaux (chunks), généralement entre 5 et 9 items (7 étant le « nombre magique »).

La rétention c’est le passage de l’information de la mémoire de travail (Mdt, ou mémoire à court terme) vers la mémoire long terme. Cette étape ne peut pas se résumer à la répétition et à la mémorisation par cœur. Il faut s’approprier l’information, en la manipulant. C’est la mise en application de l’information dans le vécu de l’apprenant. Elle utilise les éléments sémantiques (la signification associée à l’information) pour classer l’information afin de la stocker durablement. L’intention est importante, car elle donne une direction à l’acquisition d’une connaissance. Il faut vouloir mémoriser (sinon c’est peine perdue), en se créant une perspective. Cette perspective peut aller de l’anticipation d’une interrogation écrite (relativement à court terme) ou à l’utilisation qu’il est possible de faire avec la connaissance acquise, dans un contexte qui est familier à l’élève.
Ayant des difficultés en mathématiques presque toute ma vie, je suis passé par l’inscription à un cursus en anglais de l’Open University qui enseignait des éléments de mathématiques à destination d’adultes n’en ayant jamais fait. Le cours tait organiser non pas autour des théories mathématiques, mais autour de leur usage, de l’arithmétique aux statistique. Brillant !

La récupération c’est le passage de l’information de la mémoire à long terme à la mémoire de travail, dans un but de réutilisation. C’est un peu comme dans un entrepôt avec des myriades de rangements et d’articles (la mémoire long terme). Lorsqu’une commande est passée par le magasin, la liste des articles demandés est envoyée au stock. Un personnel spécialisée est chargé d’aller les récupérer et de les amener au comptoir du magasin, qui est dans cet exemple, la mémoire de travail. Une fois que le client a quitté le magasin, la mémoire de travail est en suspens.

Apprendre une leçon, c’est utiliser l’ensemble des mécanismes ci-dessus. Dans un post à venir, je tente d’énoncer un mode opératoire, que j’ai donné à ma fille pour qu’elle se base sur une méthode, afin qu’elle se familiarise avec tous ces éléments de mémorisation et surtout qu’elle gagne en autonomie. L’objectif étant de devenir progressivement autonome en maîtrisant une méthode qui fonctionne, sans l’aide de l’interaction avec un parent, et enfin qu’elle puisse adapter le mode opératoire à son propre fonctionnement.

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