Méthode de mémorisation en 6 étapes

Dans un précédent post, je parlais d’un mode opératoire pour aider à apprendre une leçon. Cette méthode utilise ma compréhension (modeste) des mécanismes d’apprentissage et de mémorisation. Au final c’est ma fille qui va participer à l’évolution de ce mode opératoire, pour qu’il corresponde au plus près à son fonctionnement à elle.

1. Résumer l’objectif et la structure de la leçon : le titre peut donner l’objectif simplifié, mais il faut pouvoir résumer en une phrase la leçon (lorsqu’elle est bien faite, ce qui n’est pas toujours le cas). Pour cela, il faut lire une fois la leçon, en se concentrant sur le résumé qu’il faut en faire, et donc sur ce premier effort de mémorisation. C’est à l’enfant de résumer avec ses mots, l’essence de la leçon. La condition est que l’enfant soit concentré. Il faut donc qu’il comprenne bien l’objectif de ce premier exercice, car c’est ce qui va donner une direction à sa première lecture. Cette direction c’est l’intention donnée à la lecture. Sans intention, pas de mémorisation. On se familiarise aussi avec sa structure. A cette étape, on créé dans sa mémoire une zone virtuelle dédiée à la leçon, qu’on étiquette à l’aide de l’objectif exprimé. On prépare le terrain. Ce n’est pas répéter le titre de la leçon. C’est aller un peu plus loin, en reliant déjà des éléments d’information retenus de la leçon en première lecture. C’est aussi créer des images. Une leçon bien écrite et bien structurée raconte une histoire, elle va d’un point A à un point B. Il est donc possible de scénariser cela par une représentation mentale.
La lecture se fait de préférence à haute voix. L’idée est de faire travailler la mémoire perceptive sur ses deux aspects : visuel (la lecture des mots et la représentation imagée qu’on en fait) et auditif (on entend ce qu’on lit). Ce faisant, on se donne une chance supplémentaire de comprendre et de retenir ce qui est lu, puis on se dote d’outils supplémentaires dans le cas où la perception visuelle est l’outil principal.

2. Noter les mots inconnus et faire des associations d’idée : on ne peut pas apprendre une leçon dont on ne comprend pas tous les mots. Il faut donc les noter sur une feuille, trouver leur définition. Ce faisant, on commence naturellement à mémoriser ces mots. Et cela donne une nouvelle intention à la lecture.

3. Faire un schéma, un dessin de la leçon : on classe les informations lorsqu’on créé des liens entre les divers éléments. On fait des ensembles logiques où chaque élément est classé. Par exemple, dans la leçon sur la Société Féodale, on créé des ensembles correspondant aux catégories d’individus composant la société. On tire les traits pour matérialiser des liens, des associations, ou des actions, des rôles. La mémoire a besoin, pour l’encodage, de classer, de catégoriser les informations, et la visualisation par l’image est un passage obligé.

4. Trouver 5 à 8 mots-clé de la leçon : dans une deuxième lecture, l’objectif est maintenant de mettre en valeur des mots qui semblent importants pour la leçon. Ce peut être des mots dont l’orthographe est particulière, mais surtout ceux qui délimitent la leçon. Ce sont les « miettes de pain » semées sur le chemin afin de pouvoir le retrouver. Une fois cela fait, l’enfant doit raconter ce qu’il a retenu de la leçon en s’aidant des mots placés dans l’ordre. Dans cet exercice, l’effort pour la tentative de reconstruction joue en la faveur du mouvement des informations retenues et placées en mémoire à long terme, vers la mémoire de travail. Les mots qui ont un sens font travailler la mémoire sémantique, l’effort de formulation orale la mémoire déclarative en général.

5. Tester à partir d’un exercice à trous : l’objectif est de retrouver les éléments mémorisés à l’intérieur de la structure de la leçon, dans l’ordre de la leçon. A ce stade, les deux lectures successives ont naturellement participé à mémoriser des informations structurées comme la leçon. On réutilise l’effort de restitution pour ancrer ces informations durablement en mémoire (dans la mémoire long terme).

6. Quiz sur la leçon : idéalement, comme je le fais dans ce site, on créé des quiz dont les questions sont aléatoires, avec juste la définition d’un mot. On place de l’importance à la bonne orthographe du mot. On créé suffisamment d’exercices différents pour créer de la variété, et en quantité différente pour ne pas créer trop d’automatismes. Dans nos quiz on gagne des médailles selon le score obtenu. Les enfants raffolent de ce type de révision, parce qu’il n’y a pas de jugement. C’est factuel, sans affect. Les enfants ont envie de progressivement gagner plus de points et de s’améliorer de la même manière qu’ils gagnent des points dans des jeux sur ordinateur. Jamais, le système de point dans un jeu n’est un obstacle pour le plaisir du jeu … Ces quiz ne sont pas des contrôles finaux, et c’est la raison pour laquelle je les mets généralement à la fin de chaque leçon, de sorte à faire des allers et retours si nécessaire. Le but des Quiz c’est de continuer d’apprendre par le jeu de la restitution, puis, à une date différée, de réviser les éléments importants d’une leçon pour les garder en mémoire long terme. Sinon, les informations se perdent, inexorablement.

Si vous essayez avec votre enfant, tenez-moi au courant du résultat obtenu.

 

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